jeudi 26 juillet 2012

Carmel de Boussu

Carmel de Boussu

Contact

Rue A. Mahieu, 89
7300 Boussu
Tel. 065.78.59 87

E-mail: boussu.carmel@gmail.com

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Présentation

Notre communauté est composée de soeurs vietnamiennes venant d'horizons divers.
Comment sommes-nous arrivées en Belgique ? Vous le découvrirez en lisant notre historique.
Au coeur de nos épreuves, l'accueil qui nous a été réservé ici nous a beaucoup réconfortées.
Dès notre arrivée, une délégation de prêtres vietnamiens et de jeunes étudiants est venue nous témoigner leur sympathie et leur amitié. Depuis, nous recevons régulièrement des « visites vietnamiennes », tant de prêtres et religieuses que de laïcs qui avouent retrouver chez nous l'atmosphère de famille et l'air de pays natal qu'ils ont perdu. Ils viennent aussi nous recommander leurs soucis, leurs problèmes. Il faut dire que le carmel de Boussu est l'unique carmel vietnamien en Europe. A chaque fête annuelle de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, il y a plus ou moins 200 Vietnamiens de Belgique, de France, d'Allemagne et de Hollande qui font le « jour de pèlerinage de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus ». Les prêtres et les soeurs, les aumôniers de chaque communauté, se partagent des conférences et confessions. Une concélébration eucharistique et une bénédiction des roses concluent ce rassemblement dans une joie spirituelle et fraternelle.
Nous recevons aussi la visite d'amis belges de Boussu et des communes voisines.

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Comment voyons-nous l'avenir ?

Plusieurs jeunes très motivées nous ont déjà rejointes. Elles viennent de France et d'Amérique. Nous avons aussi reçu du renfort de deux jeunes carmélites vietnamiennes. Notre communauté est bien vivante grâce à Dieu.
Les 56 ans de carmel à Phnom Penh (1919 à 1975), avec ses joies et ses souffrances, ainsi que les courageuses péripéties du carmel de Boussu durant ses 68 années d'existence (1907 à 1975), ajoutées à l'exode de 1975 où Dieu nous faisait « traverser la Mer Rouge à pieds secs », nous aident à vivre toujours davantage dans le parfait abandon à la divine Providence. Aussi, nous avons la ferme confiance que le carmel de Boussu continuera, avec l'aide du Seigneur, à tenir bien haut le flambeau de la vie de prière et de contemplation.

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Historique.


1890 :

Un jeune vicaire de Boussu, monsieur l'abbé Cracco, vers 1890, désirait vivement la fondation d'un Carmel au Borinage. La soeur de sa gouvernante étant carmélite à Beauvais (France), c'est par cette entremise que le projet pourra prendre corps.

1903 :

En 1903, à Boussu, un bâtiment -sucrerie désaffectée- s'avère convenir à l'hébergement d'une communauté contemplative. Le carmel de Beauvais envoie une délégation pour reconnaître les lieux et l'affaire est conclue. Mais il faudra encore attendre quatre années avant qu'elle ne se réalise.

1907 :

Un premier essaim de carmélites arrive à Boussu. Elles proviennent de France et d'Italie. Une soeur de Rochefort les rejoint.

Le 26 avril, le Carmel est fondé sous le patronage des Saints Coeurs de Jésus et de Marie.
La fondation prospère : les entrées se succèdent et les bienfaiteurs aident généreusement ce nouveau colombier de la Vierge.

MADAGASCAR : 1921

En 1921, Mère Marie de Jésus parvient à réaliser son voeu missionnaire.
Mise en relation avec Monseigneur Dantin, évêque de Madagascar, qui désirait un Carmel dans la grande île, elle se propose de partir avec un noviciat florissant. Les supérieures belges n'acceptent ce départ qu' à la condition de trouver deux ou trois carmélites en remplacement des partantes, car il ne resterait que sept religieuses à Boussu. Mère Marie de Jésus fait appel à Pontoise qui envoie du renfort.

Le 19 mars 1921 a lieu le grand départ. Ce même jour, les soeurs de Pontoise viennent combler les places vides.
La fondation a tout de même saigné Boussu. Les vocations ne vont pas tarder. Durant quelques années, la communauté va trouver une seconde jeunesse.

SAINT-QUENTIN : 1938

En 1938, les Mères de Pontoise projettent de retourner en leur monastère, mais entre temps elles apprennent qu'un carmel est désiré à Saint-Quentin. La chose est étudiée avec les supérieurs qui, eux, désirent toujours garder un Carmel à Boussu. Bref, le 7 février 1938, les soeurs sont amenées à opter chacune pour Boussu ou Saint-Quentin. Sept carmélites sur les vingt préfèrent rester à Boussu.

UN NOUVEL AVENIR.

Le carmel poursuit sa route, mais connaît des heures difficiles.
C’est ici que se situe le bel épisode de l'arrivée des soeurs vietnamiennes : le carmel de Boussu vivra.

 



1975 :


Le 21 avril, une communauté de carmélites vietnamiennes atterrit à Bruxelles. C'est une page entière de leur vie qui est tournée. Leur patrie est mise à feu et à sang : il a fallu fuir, laisser tout derrière soi. Partir de Phnom Penh pour arriver en Thaïlande, fuir encore. Où aller ? Elles pensent à la Belgique, car déjà des liens les unissent à ce pays. L'ex-prieure de Phnom Penh, Mère Gertrude, est belge ainsi qu'une autre soeur revenue depuis peu pour raison de santé. Celle-ci se trouve à ce moment au Carmel de Boussu.
Le Carmel de Boussu vit aussi une période difficile. La communauté est fervente, mais les soeurs sont âgées et les forces vives viennent à manquer. Les soeurs lucides réfléchissent à leur avenir. C'est alors que surgit l'imprévu de Dieu. Soeur Marie de la Trinité, prieure et ses soeurs sont prêtes à l'accueillir : la Belgique a reçu un s.o.s des soeurs vietnamiennes.
Le 12 avril, en une rencontre mémorable, le Père Antoine Marijse, assistant de la Fédération Belgique- Sud, informe la communauté de la détresse de leurs soeurs vietnamiennes. N'est-ce pas le moment de quitter Boussu et de laisser place à la communauté exilée ?
Unanimes, les soeurs se disent prêtes à partir : elles savent que ce sera dur, mais leur amour fraternel résistera à la dispersion. Dieu est avec elles, quoiqu'il arrive.
Elles ont à coeur de laisser à leurs soeurs du Vietnam un carmel bien en ordre et parfaitement équipé, n'emportant que le nécessaire.
Les démarches sont entreprises : 9 jours après, leurs soeurs vietnamiennes sont en Belgique.
Elles sont hébergées chez les soeurs franciscaines de Lennik, tandis que les carmélites de Boussu quittent progressivement le monastère.

Le 17 mai 1975 :
la communauté entière venue du Vietnam peut occuper le carmel de Boussu, chaleureusement accueillie par la population, qui depuis ne cesse de l'aider de toutes manières.
Cet exil des deux communautés fut rude, mais il portera du fruit : le carmel de Boussu va refleurir.

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Le carmel de Boussu aujourd'hui

Vous vous posez sans doute des questions sur notre adaptation en Belgique, sur l'histoire de notre carmel au Cambodge et sur la vie de notre carmel aujourd'hui. Nous tâcherons d'y répondre simplement.

1. Comment se fait-il qu'en plein Cambodge, à Phnom Penh, se soit constituée une communauté vietnamienne ?

Le Cambodge et quelques provinces du Vietnam, groupées sous le nom de Cochinchine, furent pendant plus d’un siècle, colonies sous Protectorat français. La mission catholique subissait cette influence. Ainsi, jusqu'en 1955, le diocèse de Phnom Penh comprenait quelques paroisses situées en territoire vietnamien. Les vocations s'orientèrent naturellement vers le Carmel de leur diocèse ; des carmélites vietnamiennes sont originaires du Cambodge.

2. Pourquoi une communauté exclusivement vietnamienne, sans aucun sujet cambodgien ?

La chrétienté cambodgienne est une très petite minorité, 5.000 sur un effectif de 7.000.000 d'habitants, tandis qu'on comptait plus de 60.000 catholiques vietnamiens résidant au Cambodge. Les chroniques notent cinq entrées cambodgiennes, mais aucune n'a persévéré. L'idéal carmélitain est exigeant.

3. De quand date notre carmel ?

Le Carmel de Phnom Penh fut fondé en 1919 par la Mère Anne de Jésus, de Saint-Brieuc, alors au Carmel de Saïgon, et à la demande de Mgr Bouchut, vicaire apostolique du diocèse de Phnom Penh.
Les deux cofondatrices, Soeur Marie de Jésus et Soeur Marie-Ange, vietnamiennes, furent membres du conseil depuis la fondation. Aux élections de 1974, la jeunesse prit la relève et Mère Marie-Baptiste, vietnamienne fut élue Prieure.

4. Comment s’est fait le recrutement ?

Dès les premières visites de la fondatrice sur les lieux où le carmel de Phnom Penh serait bâti, plusieurs jeunes filles de la paroisse s'étaient présentées pour y être admises ; puis il y eut régulièrement des entrées. Il y eut aussi des sorties, mais la communauté s'est toujours maintenue en nombre suffisant.

5. Y eut-il des apports de l’étranger ?

Le carmel de Phnom Penh, comme toute fondation dans ses débuts, eut besoin de carmélites aptes au gouvernement du monastère en attendant que les sujets du pays soient formés et capables à leur tour de prendre le gouvernail. Aussi, à la demande de la mère Prieure en charge, ce renfort nous fut envoyé de différents carmels de France et de Belgique. Après un temps plus ou moins long d'aide fraternelle, la plupart de ces carmélites sont rentrées dans leur carmel d'origine.

6. Avons-nous essaimé ?

Oui, par deux fois. En 1925 Mère Anne de Jésus est allée fonder en Thaïlande, pays limitrophe du Cambodge ; puis en 1936, avec Mère Marie-Michel, un deuxième foyer carmélitain s'est formé à Yunanfou, en Chine, carmel actuellement dissout.

7. Ne nous sentions-nous pas isolées de l'Eglise et de l'Ordre, en Extême-Orient ?

Nullement. Nos évêques présidaient toutes nos fêtes communautaires : élections, prises d'Habit, Professions, Jubilés, et même nos fêtes plus intimes.
Certains supérieurs confiaient à notre prière la tournée pastorale qu'ils allaient entreprendre, puis au retour, venaient nous entretenir des soucis et difficultés rencontrées dans les paroisses.
Tous les Pères de passage à Phnom Penh : Jésuites, Oblats de Marie-Immaculée, Pères de Prado, Dominicains, Franciscains…tenaient à venir célébrer une Messe au carmel ou nous donner une conférence. Ceci est d'autant plus méritoire que le carmel, situé sur l'autre rive du Mékong, est d'un accès difficile faute de pont, et l'embarcation très précaire.
Au niveau de l'Ordre, nous étions en correspondance continue avec le Père Général et quelques carmels d'Europe. Nous avions aussi régulièrement une visite de Pères carmes.

8. Quel était, à Phnom Penh, le climat de nos relations avec les pouvoirs civils ? Avec la population ?

Le Cambodge jouissait de la liberté religieuse la plus absolue. Le peuple cambodgien est profondément attaché à sa religion, ce qui explique sans doute le pourquoi du nombre si restreint de conversions au catholicisme. Nos prêtres, religieux et religieuses étaient l'objet, de la part de la population en général et du pouvoir civil en particulier, de la même déférence qu'ils témoignaient envers leurs religieux bouddhistes.

9. Comment avons-nous traversé les événements tragiques de 1945 ?

L'année 1945 fut marquée par la lutte acharnée entre les autorités françaises et les Japonais qui voulaient les supplanter. Grâce à la divine Providence, aucun incident regrettable ne s'est produit au carmel, bien que nous ayons connu des heures d'angoisse.

10. Y eut-il un temps de paix pour nous, entre 1945 et 1969 ?

A la différence du Vietnam qui souffrit continuellement de la guerre, le Cambodge a vécu dans une atmosphère de paix et de liberté. Ainsi nous avons toujours pu célébrer nos fêtes liturgiques et communautaires avec la solennité requise.

11. Qu’est-ce qui a déterminé notre exode en 1975 ?

En 1970, ce fut l'exode gigantesque de tous les Vietnamiens du Cambodge. Pol Pot voulait imposer à tous par la violence l'idéologie marxiste. Le Carmel tenait bon. Nous devons ce courage à notre évêque, Monseigneur Ramousse, qui ne manquait aucune occasion de nous exprimer sa sollicitude et son désir de nous voir tenir sur la brèche, intercédant -comme Moïse sur la montagne- pour le peuple cambodgien.Dans le courant du mois de mars, notre évêque reçut un télégramme de son supérieur général : ordre de laisser partir tous les membres étrangers du personnel ecclésiastique et religieux, non indispensables au ministère extérieur. C'est alors qu'à son tour notre évêque nous donna l'ordre de partir, car disait-il, nous sommes toutes « étrangères ».De plus au cas où le Carmel serait fermé et dispersé, aucune famille cambodgienne ne consentirait à héberger aucune d'entre-nous. Que deviendraient nos soeurs âgées, infirmes, jetées dans un milieu tout à fait étranger et si différent de celui qu'elles ont connu pendant de longues années. Jusqu'ici, ajouta-t-il, vous vous montrez fidèles et courageuses en acceptant de vivre les joies et les inquiétudes de l'Eglise au Cambodge, aussi que l'on sache que ce n'est pas vous qui demandez à partir, mais c'est moi qui vous envoie comme missionnaires au lieu qui vous accueillera, tout en portant l'Eglise du Cambodge dans toute votre vie de carmélites.

12. Comment avons-nous vécu notre adaptation en Belgique ?

Vous avez lu ci-dessus la merveilleuse aventure qu'ont vécu nos mères et soeurs du carmel de Boussu en témoignant de leur détachement et de l'exceptionnelle qualité de leur charité. Dès le premier instant, nous avons rencontré des coeurs amis et des bras largement ouverts, tant de la part du clergé et des communautés religieuses que des habitants de Boussu et du Borinage.
Pour la première année, où nous avons dû affronter un hiver rigoureux, suivi d'un été caniculaire, nos santés ont été quelque peu ébranlées, mais le deuxième hiver nous a trouvées aguerries et ne nous a causé aucun inconvénient.

Plusieurs soeurs parlent le français et nous avons peu de contacts personnels avec l'extérieur. Le problème de la langue est pour ainsi dire secondaire cependant nos jeunes investissent beaucoup de temps pour apprendre le français. Nous chantons tous les jours la plus grande partie de l'Office en français.
L'Eucharistie est aussi célébrée en français.


Prises d'Habit de Sr Catherine le 15/08/2015
et Sr Marie le 08/09/2015



Prise d'Habit de Sr Béatrice le 04/08/2016














 

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Horaire liturgique


Eucharistie

 Dimanche : 8h
Lundi et vendredi : 15h
mardi, mercredi, jeudi, samedi : 8h30